L'actu du Bazarnaom

B3 / Covid-19

B3 / Covid-19
Depuis le début du confinement, le collectif reste mobilisé sur la transhumance du 65 rue des rosiers au 35 cours Caffarelli.
Nous travaillons à distance sur le Bazarnaom 3, annoncé comme une cité de chantier sur laquelle nous installerons des espaces pluridisciplinaires et des outils dédiés, mutualisés.
Très concrètement, le bâtiment a été réhabilité en électricité, la ville de Caen a déjà réalisé des travaux pour avoir un bâti hors d’air, hors d’eau et le service des espaces verts a nettoyé la cour de 2000 m².
De notre côté, deux containers nous ont été donnés, et posés par un transporteur, en extérieur. Dans le projet pictural de la façade proposé par Jean Loison (cf image ci-dessus), nous ouvrons des espaces dédiés aux arts visuels pour inviter des artistes à créer des affiches grand format.
Bientôt, nous recevrons cinq Algécos d’occasion pour construire un espace commun de convivialité et de curiosité, les plans se précisent pour y construire un village comme le cœur de la vie et de la cité… Et nous installerons aussi dans un second temps un bal monté dans la cour extérieure, pour y accueillir des résidences et du public.
Les salariées du Bazarnaom sont en télétravail (l’une d’entre elles prend le chemin de la retraite à la fin du mois) ; et certain(e)s résident(e)s sont nouvellement parents. Nous attendrons la fin du confinement pour fêter la vie et nous enivrer des uns et des autres.
S’inscrire sur ce territoire en friche est une aire de jeux et de réflexions incroyable face à ce paysage anarchique, marqué par l’errance, l’exclusion et le commerce humain.
Et la Presqu’île, avec ses 600 hectares et ses zones inondables, fait l’objet d’un plan d’urbanisation sur plusieurs années, avec des enjeux fonciers et économiques conséquents.
Ainsi, en toute conscience, nous avons choisi de nous engager dans cet espace public particulier afin de participer au paysage d’un nouveau quartier, et de mettre en œuvre un laboratoire citoyen, culturel et artistique avec un socle de valeurs humanistes, auxquelles nous sommes attachés.
Le confinement touche de plein fouet nos activités, car nous travaillons dans et pour l’espace public : cela provoque inévitablement un déplacement de la pensée et une transformation sociétale pour vivre et faire nos lendemains, avec nos fondamentaux : se nourrir, se protéger, se reproduire, s’éduquer et (se) cultiver.
Nous avons le choix des possibles devant nous, pour nous organiser différemment et prendre la mesure de ce que nous avons, de ce qui a été pris, de ce qui est à détruire, de ce qui est à sauvegarder.
Nous étions jusque-là au bord du vide, nous sommes aujourd'hui dans l'impériosité d'y mettre un pied ! Tout l'enjeu est de rester en équilibre, le plus longtemps soit-il.
Face à l’adversité, l’audace et la liberté font figure de résistance.
Ne l’oublions pas !
Au plaisir de vous retrouver.

Cendres Delort
Pour le collectif Bazarnaom

Crédits: Maquette Jean Loison / photo containers Cendres Delort

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